Venezia

Le chant viril du campanile se mêle
aux stridences exaspérées des mouettes,
leurs cris sont des voix d'enfants mal-aimés.
D'avoir vécu à Venise ces heures d'été
où tu jouais devant la caméra
avec ta nonchalance feinte,
ravive tous nos deuils.

Campo San Polo,
tu es le Baladin à l'habit rouge
bondissant sur le sol bosselé.

Un chaton câlin vient frôler tes bottes
et tu le niches au creux tendre de ton bras.
Giardini, San Michele...

Comme l'Ange Heuretbise
revêtu de mousseline diaprée,
je te vois, passant au-dessus des tombes
sur le chemin d'avoines folles,
t'élancer vers Stravinski et Diaghilev,
que cerne la Lagune.

Ton regard ambré de jeune dieu candide
brûlait d'une seule question : où est la Vie ?
Aujourd'hui, avant nous, n'es-tu pas
le Messager et Sa Réponse ?

France Ferran


 

Jorge Donn Aux saluts, il nous remerciait d'un merci "muet" qu'on distinguait sur ses lèvres, les mains jointes, puis en posant l'une d'elle sur son coeur - à remercier au nom de son chorégraphe et tous les danseurs.