Le chant viril du campanile se mêle aux stridences exaspérées des mouettes, leurs cris sont des voix d'enfants mal-aimés. D'avoir vécu à Venise ces heures d'été où tu jouais devant la caméra avec ta nonchalance feinte, ravive tous nos deuils.
Campo San Polo, tu es le Baladin à l'habit rouge bondissant sur le sol bosselé.
Un chaton câlin vient frôler tes bottes et tu le niches au creux tendre de ton bras. Giardini, San Michele...
Comme l'Ange Heuretbise revêtu de mousseline diaprée, je te vois, passant au-dessus des tombes sur le chemin d'avoines folles, t'élancer vers Stravinski et Diaghilev, que cerne la Lagune.
Ton regard ambré de jeune dieu candide brûlait d'une seule question : où est la Vie ? Aujourd'hui, avant nous, n'es-tu pas le Messager et Sa Réponse ?
France Ferran
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