QUALITE MEDICO SOCIALE

Evaluer ?

Évaluer vient du latin "valere" qui signifie et ça tombe plutôt bien dans le secteur qui nous concerne : "être bien portant".

Communément évaluer une chose c'est porter un jugement sur la valeur, le prix de quelque chose par référence à la valeur qu'on lui prête ou sa valeur réelle - si tant est, elle est connue ou connaissable.

Évaluer, c'est ainsi mesurer un écart ou une grandeur globale, par jugement, estimation ou appréciation.

L'écart entre ce qu'il faut apporter et ce qui est effectivement proposé relève de cette évaluation instutuée par la loi du 02 janvier 2002 dans un secteur d'activités tout consacré à l'homme momentanément ou durablement fragile et fragilisé.

Comment faire ?

Si on suit cette définition à la lettre : plus le service « colle » au besoin (ce qu'il faut apporter) , plus il a de la qualité, adéquation entre la qualité voulue et réalisée et la qualité attendue et perçue comme le montre le schéma ci-dessous.



La quadrature qualité

Les limites de l'évaluation

Or, dans le cadre d’un établissement Médico-social, « l’écoute client » qui permet de repérer les besoins et de recueillir la qualité perçue n’a pas l’évidence qu’on observe dans les entreprises où le client est en capacité d’exprimer ses attentes, voire ses exigences.

Ici l’usager incarne en substance le « service » auquel il a droit. Il en est l’essence et le sens.

De plus, l'usager qui arrive dans un établissement de ce type est sans attentes ou besoins particuliers, voire de besoins tout court. Il arrive à la fois « plein » et « vide ». Plein de lui-même, vide parce qu’indifférencié.

Ainsi, la structure qui l'accueille ne peut satisfaire l’usager dans la mesure où ses besoins s'inscrivent dans des logiques qui n'ont pas la rigueur d'une modélisation fiable.

En conséquence, si nous reprenons la Fig. ci dessus pour la transposer dans cette réalité, nous obtenons le schéma suivant qui ampute d’emblée le premier élément sur quoi se base toute démarche qualité.

Loin de combler ce vide, de le renier ou de le remplacer par autre chose, il importe de le légitimer pour envisager l'usager dans toute sa lattitude (explicite comme implicite), et de l'aborder comme un sujet à part entière dans le respect de son intégrité et dignité.

le triptyque ... qualité

Ainsi, des limites peuvent rapidement apparaître, dans la mesure où les personnes qui fréquentent ce type d’établissement n’y viennent pas pour combler un quelconque besoin. Parfois elles n’en ont pas conscience (cf. les autistes).

De fait la demande de placement (qui émane par exemple des parents, des institutions) n’intègre pas forcément les besoins de la personne. Par ailleurs il est difficile de recueillir avec exactitude ses attentes tant les capacités de communication varient en fonction de la pathologie et des individus.

De plus, on pourrait aboutir à des situations paradoxales : un enfant qui pourrait énoncer le plus clairement possible sa difficulté n’aurait peut être pas besoin d’intégrer un milieu médico-social.

Survient une autre préoccupation : en médecine et dans le secteur paramédical des protocoles existent qui ont fait leur preuve et qui sont à respecter à la lettre.

Peut-on en dire autant dans les activités du social et médico social ?
Peut-on faire usage de réponses référencées, les lister et se baser sur elles pour évaluer la prise en charge de la personne accueillie ?

Comment alors, évaluer le partage, l'adaptation permanente des discours dans l'accompagnement de personnes fragilisées, parfois à la recherche erratique d'un mieux-être ?

Ainsi fort de ces inquiétudes il importe de donner la démarche d'évaluation une ouverture qui explore toutes ces contraintes et la complexité des situations sans les nier ou les enfermer dans une expression rigide et inféconde.

Elle doit tenter d'ouvrir le dialogue afin de chercher à bien intégrer ce qui existe pour le compléter et ouvrir le champ des possibles. Elle doit être en mesure de prendre en compte cette disposition spéciale qui fait que le besoin peut être inexistant à la base et que les éducateurs sont mis en présence d’un vide ou/et plein pour lequel qu’il faut « accuser réception ». Ces différents facteurs sont à intégrer dans la démarche et le référentiel à construire ou à choisir.

Ce dossier tente d'aborder l'évaluation sous les angles suivants :

Dans ces pages ...

APPROCHE LEGISLATIVE - La Loi du 02 Janvier 2002 - l'évaluation interne - l'évaluation externe.

CONSTRUIRE SON REFERENTIEL Comment construire les outils de l'évaluation : le référentiel, la grille d'évaluation ... ?

UTILISER UN REFERENTIEL Comment mettre en oeuvre l'évaluation interne et son suivi ?

QUELQUES REFERENTIELS ....


RETOUR SUR LA PAGE D'ACCUEIL