La récente explosion de l'usine AZF à Toulouse qui a causé la mort d'une trentaine de personnes, des milliers de blessés et d'inestimables dégâts matériels et humains pose nettement la question de la sécurité et sa gestion pour l'installation et le maintien des sites industriels dangereux dans l'environnement immédiat des grandes agglomérations.

Voici donc en réaction un petit dossier sur ce thème d'actualité et ... brûlant. Thème qui doit faire l'objet d'un souci constant, systématique et rigoureux certes au regard des hommes et de leurs villes mais aussi de ce qu'on appelle l'environnement qui, je le rappelle, n'est absolument pas un décor dans lequel on déverse produits indésirables ou encombrants.


Qualité et sécurité

LA QUALITE

LA SECURITE

CIBLE

Le client

le salarié

le travail

ASPECT

L'économique

l'éthique

NATURE

le contractuel

le législatif


les points communs

Par essence même, Qualité et sécurité comportent de nombreux points communs. D'abord leur évolution au fil des années fut semblable :

Une histoire commune

Années 1950-1960

Période de l'OST Organisation scientifique du travail, une démarcation nette existe entre les fonctions de l'entreprise. L'approche est à ce titre analytique, procédant par constats. En terme qualitatif, un contrôle final est effectué afin de séparer le produit rebuté du bon produit sans véritablement chercher à déterminer les causes du déchet.

Dans le domaine de la sécurité, on se contente de constater et de soigner après accident sans analyser les causes, se limitant juste à appliquer et respecter le règlement.

Quoi qu'il en soit, la qualité et la sécurité sont vécues comme des contraintes coûteuses.

Années 1960-1980

L'approche systémique prévaut devant la complexité qui gagne l'entreprise. On ne se contente plus d'un constat final. Les causes des rebuts (de qualité), des accidents (en sécurité) sont recherchées. On s'intéresse ainsi au processus de production. De nouvelles structures et organisations (Assurance qualité - CHSCT pour la sécurité) se développent. Le rebut comme l'accident devient un terme ultime de facteurs complexes qu'on vise à maîtriser. La formation permet l'enrichissement des tâches des opérateurs.

La période actuelle

Les concepts de la Qualité et de Sécurité deviennent plus Globaux. C'est l'ère de la qualité Totale (ou Globale : TQM) et de la Sécurité Intégrée. Il ne s'agit plus de fonctions à part, elles s'intègrent dans le processus productif de l'entreprise et deviennent l'affaire de tous (et non plus seulement des experts). La perfection est alors visée (c'est l'époque des Zéros : zéro défaut, zéro accident). La normalisation se développe (Iso 9000 - directives européennes). On vise à maîtriser la qualité et la Sécurité prenant conscience d'intervenir en amont, c'est-à-dire dès la conception. Ainsi la qualité et la sécurité deviennent des impératifs pour vendre et ne sont plus considérés comme des générateurs de coûts.

Une racine commune

Cette racine commune concerne la défaillance. L'expérience laisse à penser qu'une amélioration qualitative va de pair avec une amélioration de la sécurité.

En effet, l'accident du travail comme la non-conformité en qualité provient d'une défaillance du système de production. Aussi réduire cette défaillance, c'est améliorer à la fois la qualité du produit et la qualité de la vie. Pour cela il faut connaître cette défaillance, cet événement hors norme et dont les causes peuvent être multiples : organisationnelles (infiltration de matières dangereuses pour cause d'insuffisance d'entretien préventif...), techniques (défaut de conception), humaines (erreur de perception, de communication, de décodage...). Ausculter alors les zones dédiées à ces causes tout au long de la chaîne processuelle.

Des objectifs communs

Anticipation : il faut anticiper la survenue éventuelle de la non-conformité produit ou de l'accident et viser à supprimer les risques de défaillance à leur source, c'est-à-dire pour le produit ou la machine, dès sa conception.

Mobilisation des ressources humaines : c'est une exigence commune aux deux domaines. Dans les deux cas, la prise en compte de la pyramide de Maslow s'impose avec un grand impératif de formation, de communication et d'information. Chaque acteur de l'entreprise doit en effet prendre conscience de son rôle d'acteur et non de spectateur.

réduction des coûts : on l'a vu, la non qualité génère des coûts ainsi que la non sécurité (évalués entre 12 et 20 % des coûts salariaux).

Une démarche commune

De nombreux points communs existent entre les deux démarches. La démarche Sécurité Intégrée et celle dédiée à la qualité totale ou même à la certification ISO 9001 version 2000 visent à

En matière de santé et de sécurité au travail il importe en effet selon T. FISHER* d'adopter :

 Une influence réciproque

La qualité influe sur la sécurité. Inversement, la sécurité ou la non sécurité a des conséquences sur la qualité. Ainsi un accident de travail, une perturbation d'ordre matériel, organisationnelle, liée au milieu ou à l'erreur humaine provoque une perturbation de la chaîne de production, des produits aux sorties non intentionnelles. Toutes ces conséquences sont nuisibles à la qualité.

 Des Méthodes communes

Les méthodes utilisées en qualité le sont également en matière de sécurité.


Les étapes et les caractéristiques de la démarche sécurité intégrée.

 La Politique sécurité définit les orientations et objectifs généraux d'une entreprise en ce qui concerne la Sécurité, tels qu'ils sont exprimés formellement par la Direction Générale.

La Gestion de la sécurité comporte les aspects de la fonction générale de gestion qui détermine la politique Sécurité et la met en oeuvre (ex: les indicateurs Sécurité).

Le Système Sécurité est l'ensemble de la structure organisationnelle, des responsabilités, des procédures, des procédés et des ressources pour mettre en oeuvre la gestion de la sécurité (ex : les services sécurité, les consignes de sécurité, les moyens de sécurité).

La Maîtrise de la sécurité concerne les techniques et activités à caractère opérationnel en vue de répondre aux exigences relatives à la sécurité (ex : modification d'une machine ou d'un mode opératoire, AMDEC).

l'Assurance de la sécurité : ensemble des actions préétablies et systématiques nécessaires pour donner la confiance appropriée en ce qu'un produit, procédé ou service satisfera aux exigences données relatives à la sécurité.


La documentation Sécurité.

En plus des documents énonçant la politique Sécurité, elle comprend la documentation technique de sécurité et le dossier de sécurité.

La Documentation technique de sécurité se détaille en quatre volets:

1/ Réglementation interne : lois, décrets, règlements, circulaires (code du travail, décrets sur les établissements pyrotechniques, directives Européennes,..)

2/ Réglementation interne générale :

- Règlement intérieur (géré par le service du personnel)

- Dispositions générales de sécurité de l'établissement : consignes (affichées), instructions, plan de prévention entreprises extérieures (décret 98-158 du 20/02/92). Plan de sécurité annuel, objectifs sécurité de l'année.

3/ Bibliothèque technique :

- Catalogue des procédés et des produits de l'établissement

- Fiches de données de Sécurité et toxicologiques :

* matières premières

* matériaux

* produits

- Informations sécurité :

* matières premières

* matériaux

* installations

* matériels

* produits

- Documentation procédure analyse des risques :

* a priori

* a posteriori

4/ Consignes et instructions de sécurité

- Consignes générales

- Sécurité civile (incendie)

- Règles de circulation dans l'établissement

- Réglementation pyrotechnique

* Généralités : permis de feu, ou fouille, organisation de la Formation à la Sécurité, tenue de protection des personnels...

* Organisation

* Documentation

* Suivis particuliers

* Risques électricité statique

* Entretien, maintenance en matière pyrotechnique

* Décontamination, destruction des déchets

* Matières et produits reçus

- Entretien et maintenance

- Réglementations diverses

* Matières

* Liquides inflammables et gaz

* Machines et appareils dangereux

* Rayonnements ionisants

* PCB

- Le plan sinistre

* Rôle et mission des responsables et intervenants

- Le plan de protection du point sensible.

 

Le dossier de sécurité.

1/ Etude de Sécurité et Travail (EST) (décret 79-846 sur les établissements pyrotechniques).

2/ Autorisation de mise en service du Directeur.

3/ réglementation interne spécifique :

- Les consignes de sécurité affichées du bâtiment, du local, du poste de travail

- Les instructions de travail, les mises à jour, les règles et procédures de maintenance.

4/ Les analyses de Sécurité préliminaires (APR - Arbre des causes, AMDEC, Analyse de poste)

5/ Comptes rendus des personnels (confidentiel)

6/ Formation des personnels (confidentiel)

7/ Informations techniques

8/ Les moyens de protection

9/ Les modes opératoires spécifiques


Notes 

 FISHER : A quality approach to occupational health, safety and rehabilitation FISHER, T : "The journal of occupational health and safety - Australie vol.7 n°1 - février 1991, p.23-28.

 

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